Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur les questions suivantes : quelle doit être la taille, la longueur d’un roman ? Et comment compter ? En pages ? En mots ? Dans cette étrange mesure nommée le « sec » ?

Quelle doit être la longueur d'un roman ?
Les masterclass de Roxane Dambre

Oubliez les pages !

Compter en pages n’est pas très significatif. En effet, selon que vous écrivez en Calibri 10 ou en Times New Roman 14, avec des interlignes simples ou doubles, avec des marges standard ou non, le nombre de pages de votre texte peut varier du simple au double.

Par exemple, mon dernier manuscrit au format Word était de 120 pages. Une fois mis en page par mon éditeur, toujours au format Word, il faisait 160 pages. Pour un roman final au format broché de 338 pages.

Par conséquent, personne ne saura trop ce que représente votre roman de « 150 pages ».

Pour faire pro, mieux vaut compter en mots, ou en « sec » : Signes Espaces Comprises (à noter : en typographie, le mot « espace » est féminin). Les « sec » comprennent les lettres, mais aussi les espaces et tous les signes de ponctuation. Ces deux informations vous seront données par votre logiciel de traitement de texte. En général, c’est en bas à gauche de l’écran, ou alors cherchez l’onglet Statistiques.

Parfois, les concours ou les éditeurs vous donnent des indications de longueur sous forme d’un nombre de pages. Lisez bien les petites lignes, car ils précisent également soit la police, les marges et les interlignes attendus, soit le nombre de lignes par page et le nombre de sec. Autrement dit, ils vous demandent… un nombre de mots ou de sec. 🙂

Voyons un peu les normes et les habitudes des éditeurs, pour savoir à quel nombre de mots correspond quel type de texte.

Correspondance nombre de signes/nombre de mots dans un roman

Pour compter rapidement, voici la conversion usuelle :

nombre de sec = nombre de mots x 6

Exemple : si votre texte fait 10.000 mots, il fait 10.000 x 6 = 60.000 sec.

Dans toute la suite, nous ne parlerons plus qu’en mots, vous ferez la conversion si vous préférez compter en signes. C’est parti !

Nombre de mots dans une nouvelle

Les nouvelles sont des textes courts, voire très courts. Si un roman peut raconter une vie entière, voire plusieurs vies, la nouvelle se concentre sur une tranche de vie. Elle peut même parfois ne se constituer que d’une scène.

Voici comment elle se décline :

  • Moins de 500 mots : il s’agit d’une micro-nouvelle
  • De 500 à 1.000 mots : c’est une courte nouvelle
  • De 1.000 à 10.000 mots : c’est une nouvelle classique

Nombre de mots dans une novella

La novella, ou « roman court », pèse entre 10.000 et 40.000 mots.

Ce format est peu fréquent en France car il fonctionne assez mal en librairie. En effet, lorsqu’un lecteur achète un livre, il en veut pour son argent, il ne veut pas une galette. Seuls quelques auteurs déjà bien installés et connus pour leurs novellas rencontrent le succès. Parmi ceux-là, on compte la talentueuse Amélie Nothomb.

Nombre de mots dans un roman adulte

A partir de 40.000 mots, un texte peut être qualifié de roman. Toutefois, le minimum admis se situe plutôt à 50.000 mots (en-dessous, la publication par un éditeur traditionnel est difficile), ce qui constitue un petit roman.

La majorité des romans pèsent aujourd’hui entre 60.000 et 100.000 mots.

Pour un premier roman, mieux vaut éviter de dépasser 110.000 mots. Tout comme les éditeurs n’aiment pas les galettes, ils sont frileux à publier un pavé pour lancer un nouvel auteur. Qui dit plus de pages dit plus de frais d’impression, et en plus, ça fait peur au lecteur en librairie (surtout avec un nom d’auteur inconnu).

Voilà pour les règles générales. Néanmoins, il existe beaucoup de nuances à ces généralités et il est important de les connaître. En voici quelques-unes.

Romance et feelgood

Même si la norme se situe toujours entre 60.000 et 100.000 mots (entretenue par les romans hyper calibrés traduits de l’anglais), on trouve des romances et du feelgood français dès 45/50.000 mots. Et on peut monter sans faiblir au-delà de 100.000 mots. En amour, tout est possible !

Polar et thriller

Toutes les tailles sont admises en France, mais il est peu courant de trouver un roman policier à moins de 60.000 mots. Vous avez une intrigue à débrouiller et un coupable à arrêter, que diable !

Le cas très particulier de la SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique)

Rappel des définitions :

  • Science-Fiction : se passe dans le futur, plus ou moins lointain, sur Terre ou non (exemple : Star Wars, Seul sur Mars, I-Robot…)
  • Fantasy : se passe dans un autre monde (exemple : Le Seigneur des Anneaux)
  • Fantastique : se passe dans notre monde, mais avec de la magie (exemple : Harry Potter, Animae, Scorpi, Magda, Aurora, Signé Sixtine…)

A noter : Ces définitions sont générales, chaque genre comprend un certain nombre de sous-genres. Par ailleurs, la frontière entre les genres est parfois mince et poreuse (le tome 1 de Signé Sixtine est-il de la science-fiction ou du fantastique ??). L’idéal est de savoir ce que l’on a envie de faire mais, si on a un doute, le plus simple est d’écrire sans chercher à se rentrer soi-même dans une case. Écrivez, vous verrez bien ensuite. 😉

Dans ces genres, vous avez un monde entier à construire et un univers à expliquer au lecteur. Un roman fantasy, même s’il s’agit d’un premier roman, peut monter à 150.000 mots. S’il fait plus, l’éditeur vous demandera probablement de le découper en tomes (pour des raisons purement pratiques et économiques). Les sagas ayant le vent en poupe, c’est généralement un excellent conseil !

Nombre de mots dans un roman jeunes adultes

Il répond exactement aux mêmes critères de taille que le roman adulte. Le public-cible « jeunes adultes » est, par définition, composé de gens plus jeunes que le public « adulte », mais plus jeune ne rime pas avec « je-veux-lire-moins ». Bien au contraire.

En plus, on se rend compte de plus en plus que le public « adulte » est friand des romans « jeunes adultes », donc ne rétrécissez pas vos écrits !

Nombre de mots dans un roman jeunesse

Les romans jeunesse sont à calibrer en fonction de l’âge du public visé. Ils pèsent généralement entre 25.000 et 65.000 mots.

Les éditeurs jeunesse ont souvent une politique de taille très claire. Voici par exemple ce que l’on peut trouver sur la page de soumission des éditions Bayard :

nombre de mots roman jeunesse
Bayard Éditions, 2019

Ou chez les éditions Milan :

nombre de signes roman jeunesse éditions Milan
Éditions Milan, 2019

Je vous invite donc à bien vous référer aux standards de l’éditeur qui vous tente, avant toute soumission. Si l’information n’est pas disponible sur le site de l’éditeur, lisez des romans de cette maison afin de vous faire une idée. Ou éventuellement, contactez-la (sachez cependant que les maisons reçoivent beaucoup de mails, le taux de réponse n’est pas forcément très élevé).

Et si mon texte est trop long ?

Parfois, on se rend compte que son roman est un mastodonte. Pas de panique, des solutions existent, on en parle ici : Au secours, mon roman est trop gros !

Pour poursuivre la discussion…

Vous aussi, vous écrivez ? On se retrouve sur Facebook dans :

Les Masterclass de Roxane Dambre, nombre de mots dans un roman

21 réponses pour “Quelle doit être la longueur d’un roman ?”

  • Bonjour Roxane,
    Je suis entrain d’achever mon premier roman. Il comportera peu ou prou 60.000 mots. Il m’a demandé deux mois de travail. Ce qui m’étonne actuellement, c’est que je n’ai pas eu de moment « page blanche ». Je pense à mon roman dés mon réveil et jusqu’au soir dans le lit. J’ai par ailleurs un travail qui me prend du temps. Je suis incapable de rester un jour sans écrire. Je passe aussi de longues heures à réfléchir dans la journée dès qu’un moment devient propice. La seule angoisse que j’aie, c’est de finir le dernier chapitre. De finir mon roman tout simplement.

    Bonne soirée!

    • Bonjour Alain,
      Quel joli témoignage, merci beaucoup !
      Je suis enchantée que vous ayez été emporté par votre écriture. 🙂
      Bonne journée à vous,
      Roxane

  • Bonjour Roxane,
    J’écris sur Apache OpenOffice. Le nombre de mots par page dépasse allègrement les 250 mots (environ 300-400). J’utilise un interligne 1,5 et j’ai des marges classiques. Je ne parviens pas à régler le problème. Merci de m’aider ! Sissi

    • Hello Sissi !
      Je n’ai jamais travaillé sur Apache OpenOffice, mais la règle d’or reste toujours la même quel que soit le traitement de texte : cela doit être assez aéré pour être agréable à lire. 🙂
      Sur Word, on est en général sur des polices classiques en 11 à 13, avec l’interligne 1.5 et 2.5 cm de marge de chaque côté. Mais cela peut varier en fonction des polices et des traitements de texte, et ce n’est pas un souci, tant que c’est aéré et facile à lire. C’est d’ailleurs pour cela que l’on compte plus en signes/mots qu’en pages. 🙂

      Maintenant, si tu as besoin d’avoir 250 mots (environ) par page, pour une demande éditoriale par exemple, tu peux augmenter la taille de la police, ou choisir une police plus volumineuse.
      Ou bien si c’est pour quantifier combien de pages de 250 mots ton roman ferait, il suffit de faire une petite règle de 3 : ton roman fait [nombre de mots total]/250 pages. 🙂

      Bon courage à toi ! 🙂
      Roxane

  • Coucou Roxane, j’avoue ne pas comprendre le système de signes… J’ai écris un manuscrit de 27 325 mots sur 72 pages… Je ne sais pas si c’est suffisant pour un roman jeunesse de genre fantastique quitte à faire une suite… Peux-tu m’aider ?
    Bisous
    Coralie.

    • Hello Coralie,
      27 325 mots, si on multiplie par 6, cela fait environ 164 000 signes. A partir de là, tu peux regarder sur les sites d’éditeurs de jeunesse, et si cela rentre dans leurs critères, alors c’est tout bon ! 😉
      Après, tout dépend ce que tu appelles « jeunesse ». À partir de 14-15 ans, les romans jeunesse commencent à avoir la même longueur que les romans adultes. Donc 27 kmots, c’est environ la moitié d’un roman de taille classique. 😉

      Bon courage à toi !
      Roxane

  • Bonjour Roxane,
    Je viens par hasard de lire ton article, qui est pour ma part très bien expliqué.Merci.

    Pendant le confinement, on s’est sonné un gage avec une amie, je commence un paragraphe, elle continue,mais finalement j’ai écrit un chapitre puis deux et aujourd’hui, je dois en être au dixième
    ,
    Je me suis laissée prendre au jeu, je pensais n’être pas douée, en rédaction j’avais souvent des mauvaises, non pas que je n’avais pas d’imagination au contraire, mais j’étais toujours hors sujet… mon esprit était plus fort !!!!Maintenant je suis libre de ma rédaction

    Trois personnes lisent au fur et à mesure cette aventure et sont pressés d’avoir la suite.

    Avec ton article, je sais vers ou je dois aller, merci encore.

    bon courage
    virginie

    • Bonjour Virginie,
      Super pour ce projet ! 🙂
      Je te souhaite tout plein de plaisir dans l’écriture et je suis très heureuse si cet article a pu t’aider pour la suite de cette aventure.
      A bientôt !
      Roxane

  • Salut, j’écris actuellement un livre fantastique et j’en suis à la réécriture. J’ai environ 30 000 mots sur word sur 84 pages et je ne sais pas si c’est assez gros pour être un roman jeunesse?

    • Bonjour Maude,
      Tout dépend de ce que vous appelez « jeunesse ».
      Si vous prenez Harry Potter (catalogué comme roman jeunesse), il fait la même taille qu’un roman pour adulte. Et si vous prenez Petit Ours Brun (jeunesse également), on est sur 200 mots maximum. Donc pour faire simple, dès que le lectorat-cible est de 10-12 ans (et plus), les livres entrent dans les standards des livres adultes (donc à partir de 50/60.000 mots).
      Si votre lectorat est plus jeune, il faut se référer à ce que demandent les sites des éditeurs. 😉
      Bon courage à vous !

  • Bonjour Roxane,
    Je suis perdue. J’ai envoyé mon premier manuscrit il y a un mois pensant que je soumettais un roman…or la première réponse négative vient de me parvenir « trop court » m’a-t-on répondu. Le manuscrit comporte 20678 mots et 126873 caractères espaces compris. Dans quel genre se situe-t-il?
    D’avance merci pour votre aide

    Bien à vous

    • Hello Carole,
      Oui, je comprends la réponse que vus avez reçue !
      Comme il est noté dans l’article, à 20.000 mots, on est dans une novella moyenne. Un roman commence à 50.000 mots (et 50.000, c’est le minimum du minimum, les premiers que l’on trouve en librairie tournent plutôt généralement à 60.000). 🙂
      Bon courage à vous. 😉
      Roxane

  • Bonsoir Roxane, actuellement atteint de fièvre scripturale en phase aiguë grave, je me commets à l’écriture de nouvelles et de romans. La lecture du présent sujet m’a déjà apporté de fructueuses informations (mots, signes, taille des polices, sec, taille estimée des différents styles, …), bref un « butin » appréciable et je vous en remercie.Ayant longtemps eu recours à la « facilité » en usant et abusant sans doute du discours indirect ou du récit rédigé à la première personne, j’avoue me trouver fort mal à l’aise avec l’usage des guillemets suspendus, Mes maigres connaissances ont été puisées sur le site orthgaffe … et c’est à peu près tout! Il m’a été reproché d’abuser des « guillemets » verticaux que je trouve plus seyant que les « encadrants » et je suis perplexe devant le bon usage des tirets! Que me conseillez-vous? Merci d’avance Bien à vous Philippe « Titus »

      • Bonjour,
        Enchanté de la rapidité de votre réponse.
        Pour un premier roman, mieux vaut éviter de dépasser 110.000 mots.
        Dans le cas du premier roman entamé (il prend plutôt des allures de « saga ») dont le genre fluctue entre thriller policier et exploration « fantastique », j’en suis déjà à plus de 155 000 mots! Et il n’est pas terminé.
        Est-il utile ou intéressant de composer une table des matières en parallèle avec la rédaction du texte?
        Dans cette table, est-il opportun de rédiger un intitulé pour chaque « titre », où reste-t-il préférable de ne mentionner qu’un très sobre « chapitre X »?
        Le problème essentiel restant la pertinence et la taille de la découpe en chapitres.
        Avez-vous des suggestions à ce propos?
        Bien à vous!
        Philippe

  • Bonjour Roxane,
    Je suis en train d’écrire un livre dans le style ‘’contes et légendes’’, je pense plus destiné aux adultes qu’aux enfants. Si on compte une moyenne de 250 mots par page, j’en suis à 100 pages…Est-ce que c’est bon ? Que me recommanderiez-vous le style indirect ou le style direct et par conséquent faire parler mes personnages ?
    Merci d’avance pour vos conseils si précieux.

    • Bonjour Noureddine,
      250 mots par page sur 100 pages, cela fait 25.000 mots, donc comme vous avez dû le voir dans l’article, on est loin du volume classique d’un roman pour adultes (à peine à la moitié). 😉
      Vérifiez tout de même que vous êtes bien à 250 mots par page, car on a parfois des surprises (en fonction de la police, des interlignes…). Plus simple encore, regardez directement dans les statistiques de votre traitement de texte, il vous dira précisément à combien de mots vous en êtes. 🙂

      Pour ce qui est du style, il n’appartient qu’à vous, il reflète votre personnalité et votre plume.
      Si vous avez un doute, n’hésitez pas à écrire quelques pages dans chaque style, afin de voir ce qui vous correspond le mieux !
      Bonne recherche à vous. 😀

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