Vous avez lu l’article sur la longueur habituelle d’un roman et une horrible vérité vous assaille : votre roman est trop long ! Ou vous êtes encore en pleine écriture et il vous semble déjà énorme, surtout vu tout ce qui reste à écrire… Les méthodes pour gérer les manuscrits-mastodontes existent, les voici !

Au secours, mon roman est trop gros !
Les Masterclass de Roxane Dambre

Pas de panique, c’est une situation ultra fréquente !

Les manuscrits-mammouths sont un grand classique des jeunes auteurs (et aussi des moins jeunes, mais ceux-là ont l’habitude). Ne vous dites pas tout de suite que tout est fichu, il y a des tas d’astuces pour vous aider.

Étape n°1 : on termine

Vous êtes au milieu de votre premier jet et votre roman fait déjà 80.000 mots ? Tant pis. Laissez tomber le compte et allez au bout. Il est extrêmement important d’arriver au terme de son histoire. Commencer 40 histoires sans jamais en finir aucune, surtout sous prétexte que c’est trop long, est le meilleur moyen de n’arriver jamais nulle part. L’amertume de l’inachevé tuera votre créativité bien plus sûrement que toutes les critiques du monde.

Donc, finissez votre histoire sans vous inquiéter de la taille.

« Mais puisque je te dis que ce n’est pas la taille qui compte ! »

En plus, pour peu que votre roman final soit deux fois gros comme un roman classique, vous n’aurez qu’à en faire deux tomes, et vous n’aurez rien à retirer. 😉

Votre histoire est terminée ? Parfait, on passe à l’étape suivante !

Étape n°2 : on laisse reposer… LONGTEMPS

Une fois le premier jet terminé, il faut laisser reposer. Pas 24h, hein ? Longtemps. Vraiment longtemps. Vous avez absolument besoin de vous détacher de votre texte. Pourquoi ? Parce que vous êtes encore émotionnellement très attaché à ce texte. Vous êtes attaché à chaque événement, à chaque rebondissement, presque à chaque virgule. Vous n’avez pas encore le recul qui vous permet de passer à l’étape 3.

Laissez donc reposer. Quelques semaines, quelques mois, ça dépend de vous. Le bon moment pour reprendre, c’est quand vous relisez un morceau au milieu et que vous découvrez des phrases, voire des rebondissements que vous aviez oubliés. Je sais que lorsqu’on finit un roman, on a envie de le corriger immédiatement et de l’envoyer au plus tôt, mais c’est contre-productif, car c’est trop frais dans votre esprit.

Patientez donc tranquillement. Lisez, écrivez la suite ou quelque chose de complètement différent, amusez-vous, changez-vous les idées.

C’est fait ? On passe à l’étape 3.

Étape n°3 : combien d’idées comprend votre roman ?

Souvent, les jeunes auteurs débordent d’idées (excellentes !) et veulent toutes les mettre dans leur premier roman, parce que c’est hyper excitant. Seulement voilà, cette histoire de prophétie pour lutter contre le tyran, associée à cette quête pour apprivoiser un dragon, tout en ajoutant l’histoire de la reconversion du père dans la boulangerie, la découverte de la bisexualité du plus jeune frère, sans compter l’histoire d’amour avec une jeune femme qui milite pour l’égalité des droits dans une société médiévale qui envoie tous les ans des enfants combattre les géants dans des souterrains maudits, n’est-ce pas un peu trop ?

Oui, il faut une intrigue principale solide, des enjeux, des petites intrigues secondaires et des rebondissements. Mais si vous mettez trop d’intrigues complexes, alors on survole tout sans jamais entrer dans rien. Et on se retrouve quand même avec un texte énorme. Alors que si vous aviez fait deux romans différents (ou trois, ou quatre !) avec ces thèmes qui vous tiennent à cœur, vous seriez entré à fond dans chacun d’eux et vous auriez pu les explorer à fond.

Reprenez votre plan (ou faites un plan de la charpente de votre roman si votre truc, c’est de travailler sans plan). Combien d’intrigues sont entremêlées ? Et quelle est l’histoire que vous vouliez vraiment, vraiment raconter ? Qu’est-ce qui, bien que ce soit complètement intégré dans votre texte actuel, pourrait être retiré sans impact sur cette histoire que vous vouliez vraiment raconter ? (Quel personnage ? Quel rebondissement ? Quelle péripétie ?)

Comme vous vous en doutez, cette étape nécessite un recul émotionnel énorme sur son texte. D’où l’importance de l’étape 2. Vous ne trouvez rien à retirer ? Laissez reposer encore. Ou demandez l’avis d’un proche (mais sans l’envoyer promener avec horreur s’il vous dit qu’il trouve des choses en trop, n’est-ce pas ? C’est vous qui lui avez demandé !).

Étape 4 : on coupe… et on garde !

Vous avez trouvé des éléments à retirer ? Alors on prend son sécateur et on coupe sans pitié. N’ayez pas mal au cœur. Tout ce que vous allez retirer n’est pas perdu !

Vous allez soigneusement le garder pour un autre ou plusieurs autres romans.

Coupez, coupez, coupez. Un roman, c’est UNE intrigue principale. Et des intrigues secondaires plus ou moins importantes. Mais UNE intrigue principale. 😉

Cette étape est courte dans sa description, mais peut être énorme dans sa réalisation. Parfois, dénouer deux intrigues solidement entremêlées est très délicat. Vous allez y passer du temps. Beaucoup de temps. Mais le résultat en vaut la peine.

Étape 5 : on peaufine

Votre roman est bien composé d’une seule intrigue principale et plusieurs secondaires, consistantes et passionnantes, mais il est encore trop gros ? On passe au peaufinage.

Dans tout roman, il y a des scènes qui font avancer l’intrigue et des scènes d’ambiance (qui ne contiennent aucune action importante ni aucune information). Les puristes clament souvent que tout, dans une histoire, doit servir l’intrigue et que le reste doit être supprimé. C’est un point de vue que je n’approuve pas totalement. Les scènes d’ambiance, notamment les dialogues entre les personnages, servent à donner le ton. Elles renforcent les liens entre les personnages, elles lient le personnage au lecteur.

Mais clairement, il ne faut pas en abuser. Il n’y a rien de pire que des personnages qui blablatent alors qu’une météorite doit s’écraser sur la terre et que le lecteur est en plein stress.

Il vous faut donc chercher quelles scènes sont à garder et quelles scènes peuvent sauter. N’hésitez pas à vous faire aider. C’est l’étape à laquelle les bêta-lecteurs sont les plus utiles. En plus, si vous êtes passé par l’étape 4, ils vous aideront à vérifier que ce qui reste est parfaitement cohérent.

Pour cette étape, il ne s’agit pas (plus) forcément de retirer des passages de 300 à 1.000 mots comme à l’étape précédente. Là, vous pouvez retirer 3 phrases par ici, 1 par là… Le mot d’ordre : on peaufine !

Étape 6 : quand doit-on s’arrêter ?

Parfois, un roman est gros, et c’est comme ça. Vous avez coupé, vous avez peaufiné, et vous ne savez plus quoi enlever. Alors n’enlevez plus.

Si votre objectif est l’édition traditionnelle et qu’il reste des choses à couper, les éditeurs sauront pointer les longueurs. Attention à ne pas trop vous dire que l’éditeur fera le job cependant, parce qu’il faut quand même que le roman soit suffisamment abouti pour vous faire décrocher un contrat ! 😉

Si vous souhaitez vous tourner vers l’auto-édition, alors faites lire et relire votre texte à vos proches et/ou à des bêta-lecteurs de confiance. Aucun éditeur ne vous fera corriger, vous devez faire ça seul. Soyez dur avec vous-même, car si vous ne l’êtes pas, ce sont les commentaires de lecteurs qui le seront, et ça, c’est effroyablement douloureux.

Pour mémoire, les différences entre les différents types d’édition, c’est là : Les trois différents types d’édition.

Les sagas

Il reste toujours bien entendu la possibilité de transformer votre roman en diptyque, en trilogie ou en saga. C’est le dernier recours, car mieux vaut un bon roman dense et complet qu’une trilogie où on s’enquiquine parce que l’auteur n’a pas su quoi enlever !

C’est à vous de jouer ! 😉

Et pour poursuivre la discussion…

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Les Masterclass de Roxane Dambre, les différents type d'édition

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