Lorsqu’un jeune écrivain se lance dans l’idée d’écrire un livre, une question se pose naturellement à lui : faire un plan ou pas ? Et si oui, avec quel niveau de détail ?

Tous différents !

En fait, il y a autant de techniques que d’écrivains.

Ceux qui font des plans hyper détaillés sont appelés les architectes (qui ont besoin d’un plan précis, qui savent où ils vont, comment ils vont, à quoi ressemblent leurs personnages, pourquoi, etc.).

Ensuite, il y a ceux qui se lancent en freestyle absolu, avec juste un début d’idée. Eux sont les jardiniers (ils cultivent leur idée et la regardent grandir).

Enfin, il y a les archéologues, qui se lancent avec une idée et qui planifient rétroactivement, au fur et à mesure qu’ils avancent et que de nouvelles idées leur tombent dessus.

Bien entendu, chacun d’entre nous possède un peu des 3, avec une préférence marquée pour l’un ou pour deux. Et ces traits peuvent changer en fonction du moment, du roman, des besoins du moment.

Je suis plutôt du genre archéologue, avec des tendances de jardinière. En général, je pars avec des personnages hyper concrets pour moi (j’avais Élias avant de commencer Scorpi, j’avais Lou avant de commencer Animae…), puis je leur invente des histoires. Quand je prends la plume, j’ai donc mes personnages et l’idée qui va avec. Puis je vois où ils me mènent.

Les « avantages » et « inconvénients » de chaque catégorie.

Je mets des guillemets car il est difficile d’appeler « avantages et inconvénients » des caractéristiques inhérentes à chaque catégorie, surtout que les gens concernés n’y verront pas là des inconvénients. Mais en l’absence de mots plus appropriés, nous utiliserons ceux-là.

Les architectes

Les architectes vont mettre un certain temps pour construire leur plan. Ce temps va même sembler invraisemblablement long pour les autres catégories, mais dans cette phase, les architectes s’éclatent. Prévoir, découper, inverser les lignes, imaginer chaque personnage en profondeur… C’est là que leur créativité est au maximum. Et cette préparation peut durer des mois, en fonction du degré de plan apprécié par l’architecte concerné.

Mais lorsqu’ils se lancent dans leur premier jet, les architectes sont des machines de guerre. Ils n’ont plus qu’à suivre le plan, alors ils écrivent à toute allure. Et le plus souvent, leur premier jet ressemble bien à ce qu’ils avaient prévu dès le départ.

Les jardiniers

Les jardiniers vont mettre globalement beaucoup plus de temps à écrire leur premier jet, car ils suivent leur feeling. Ils sont au summum de leur créativité pendant toute cette période. Concrètement, ils profitent de chaque instant et se laissent porter par leur plume, leurs personnages, leur histoire. Ils découvrent au fur et à mesure, prennent leur pied à chaque fois qu’un personnage prend vie sous leurs doigts.

Leur premier jet peut ensuite nécessiter plus de temps de correction, car il faut vérifier que tout est cohérent, que chaque chose est à sa place.

Les archéologues

Les archéologues aussi auront un premier jet assez long. Eux aussi suivent leur feeling, mais comme ils reviennent en arrière pour corriger lorsqu’ils tombent sur une nouvelle idée, ils font régulièrement taire leur créativité pour enclencher le mode « critique », avant de revenir à la créativité.

Leur premier jet, tout comme celui des architectes, ressemble ensuite globalement à ce qu’ils avaient imaginé, mais il nécessite tout de même des ajustements la plupart du temps.

Évidemment, tout ceci reste des grandes lignes, il y a des nuances et des exceptions partout !

Il n’y a pas UNE méthode, mais VOTRE méthode.

Il faut bien comprendre une chose : AUCUNE MÉTHODE N’EST MEILLEURE QU’UNE AUTRE.

Un jardinier convaincu ne peut pas, ne doit pas même, essayer de faire un plan détaillé. Parce qu’une fois qu’il aura fini son synopsis scène par scène, il ne pourra plus écrire son roman. Ou plus exactement, ça l’ennuiera terriblement vu que ce qu’il aime – voir l’idée grandir – est terminé.

De même, si un architecte se lance en freestyle, il risque de réécrire éternellement son premier chapitre, car il ne sait pas où il va ensuite.

Des nuances, toujours.

Au sein de chaque catégorie, on trouve bien sûr des nuances.

Ainsi, chez les architectes, il y a celui qui dessine les grandes lignes du début à la fin. Et il y a celui qui va planifier son découpage chapitre par chapitre, voire scène par scène, et s’y tenir quoi qu’il arrive. Et toutes les nuances entre les deux.

Pour les jardiniers, on va retrouver celui qui se lance sans avoir la moindre idée de là où il va et qui improvise du début à la fin. Et puis il y a celui qui pense chaque soir à ce qu’il écrira le lendemain. Ou celui qui a toujours un chapitre d’avance dans la tête, pour se sentir en confiance devant sa feuille.

Pour les archéologues, certains partent avec un début et des personnages (comme moi), les autres avec un début et une fin, les personnages arrivent en cours de route. Certains ont juste une idée de scène bien précise (qui peut tout à fait se trouver au milieu) et tout construire autour.

Rien n’est figé, tout est possible !

Et vous ?

Alors, dans quel profil vous reconnaissez-vous le mieux ? Ou lequel vous donne le plus envie ?

Vous avez un doute ? Testez. Si vous vous sentez à l’aise dans la voie que vous avez choisie, alors vous pouvez poursuivre avec confiance.

Si vous ne vous sentez pas confortable, que quelque chose vous dérange, n’insistez pas ! C’est que vous n’avez pas encore trouvé votre méthode bien à vous. Ajustez, rectifiez, aérez-vous les neurones et recommencez.

Vous avez trouvé ? Il ne vous reste plus qu’à vous lancer !

Ne vous laissez jamais enfermer !

Vous avez trouvé votre catégorie dominante et vous êtes à l’aise avec cette façon de fonctionner, vous avez peut-être déjà écrit 3 romans d’une certaine façon et d’un coup, ça coince…

Ne vous laissez pas enfermer dans des cases, même (et surtout) par vous-même. Comme je dis toujours : c’est vous le boss !

Vous aviez l’habitude de faire des plans détaillés et là, toute l’envie vous a quittée ? Essayez d’écrire sans rien prévoir. (OK, ça vous fera peut-être l’effet de sauter d’un avion sans parachute, mais niveau sensation, ça va tout faire revenir d’un coup)

Vous vous sentez contraint par tout ce qui ressemble de près ou de loin à un plan, mais là, depuis trois semaines, c’est la page blanche ? Et si vous tentiez de planifier ce qui se passe au chapitre suivant, juste pour voir ?

Nos besoins et notre fonctionnement interne varient en même temps que notre évolution, dans l’écriture et en général. L’important n’est pas d’appartenir à un groupe ou un autre. L’important est de comprendre exactement comment VOUS, vous fonctionnez, et de se servir de cette connaissance pour avancer au mieux, en prenant du plaisir à écrire.

Laissez-vous aller, ça va bien se passer. 🙂

Et pour poursuivre la discussion…

Vous aussi, vous écrivez ? On se retrouve sur Facebook dans :

Les Masterclass de Roxane Dambre, faire un plan de roman ou pas

À tout de suite !

Un commentaire sur “Faire un plan pour son roman… ou pas ?”

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