Vous écrivez un roman et la question finit toujours par se poser à un moment ou à un autre : « tu écris ? Super ! Tu écris quel genre de roman ? ».

Et la réponse est beaucoup plus importante qu’on pourrait le croire…

L'importance de connaître le genre de son roman - Les masterclass de Roxane Dambre

Pourquoi faut-il connaître le genre de son roman ?

Parce que c’est le guide de base pour :

  • vous permettre de déterminer vos maisons d’édition idéales (si votre roman est un polar historique, l’envoyer à une maison spécialisée dans le fantastique ou la romance ne sert à rien),
  • aider l’éditeur à choisir une collection pour le roman,
  • construire une couverture qui attirera à coup sûr les lecteurs de ce genre en particulier,
  • aider le libraire à savoir sur quelle étagère il doit ranger le livre et à qui le conseiller.

Il y a deux erreurs à ne pas commettre quand on annonce le genre de son roman :

  1. Noyer son interlocuteur d’informations
  2. Mentir, parce que « ça fait bien »

Voyons cela en détail.

1 – Première erreur : noyer son interlocuteur d’informations

Le flou artistique…

Le problème la plupart du temps, c’est que lorsqu’on demande à un jeune auteur le genre de son roman, il répond quelque chose comme « alors c’est un mélange entre la fantasy urbaine et la fantasy médiévale, avec pas mal de suspense, un peu de fantastique et une enquête policière. Ah, et il y a aussi de l’aventure et une histoire d’amour ».

Et là, votre interlocuteur, qui est généralement très poli, hoche la tête d’un air inspiré. Sauf qu’en fait, il n’a rien compris. Avec ce descriptif, il n’a aucune idée de ce qu’il y a vraiment dans votre roman.

C’est ce qu’on appelle : le flou artistique.

Et c’est un désastre. Parce que, si ça se trouve, avec une réponse plus ciblée et plus précise, votre interlocuteur aurait pu être emballé par votre roman.

Comment faire le tri ?

Si vous écrivez dans un genre, c’est que vous en lisez.

Donc vous connaissez les codes de ce genre. Par exemple, si vous lisez et écrivez de la bit-lit, vous savez qu’il y a systématiquement une histoire d’amour et de l’aventure. Cela appartient aux codes du genre, il ne sera donc pas utile de le préciser.

Par conséquent, votre réponse : « c’est de la bit-lit, avec une histoire d’amour, des enquêtes policières et des aventures » devient : « c’est de la bit-lit avec des enquêtes policières ». On y voit déjà nettement plus clair !

À noter : près de 90% des romans contiennent une histoire d’amour (qu’elle concerne les personnages principaux ou les personnages secondaires).

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour nous ? Cela veut dire qu’à moins que votre roman appartienne spécifiquement au genre de la romance, il est inutile de préciser que votre histoire contient une histoire d’amour. Il y en a dans pratiquement tous les livres.

De même, un thriller sans suspense, de la SFFF sans action/sans aventure, ça n’existe pas. Donc inutile de le préciser. Trop d’informations tue l’information !

« Mais je ne vais pas mettre une étiquette sur mon roman ! C’est trop réducteur ! »

Oui, la créativité est difficile à faire rentrer dans des cases, et les étiquettes sont toujours réductrices. Mais si vous savez les utiliser, elles seront vos meilleures alliées. 😉

Avec les éditeurs d’abord.

Je ne connais aucun éditeur qui publie des livres qui seraient officiellement « un mélange entre la fantasy urbaine et la fantasy médiévale, avec pas mal de suspense, un peu de fantastique, une enquête policière, de l’aventure et une histoire d’amour ».

Du roman jeunesse au roman noir, chaque éditeur a ses spécificités, ses collections, ses lignes directrices.

Si vous dites à un éditeur de romances : « voici mon manuscrit, il s’agit d’une romance », il va volontiers le mettre dans sa pile des romans à étudier, avec une certaine bienveillance pour votre démarche.

Si vous dites à un éditeur de romances : « voici mon manuscrit qui est un mélange entre la fantasy urbaine et médiévale, avec du suspense, du fantastique, du policier, de l’aventure et une histoire d’amour », vous avez beau avoir dit qu’il y avait une histoire d’amour, pas sûr que cela l’intéresse.

Pire, vous courez le risque de générer un certain agacement. Car vous apparaissez comme quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il écrit, et qui a envoyé son manuscrit au petit bonheur la chance. Ce n’est pas du tout un bon message à envoyer !

Pour les libraires, ensuite.

En admettant qu’un éditeur leur présente votre roman sous ce fameux label « fantasy urbaine et médiévale / suspense / fantastique / polar / aventure / romance », où les libraires sont-ils censés placer cet ouvrage ? Sur quelle étagère ? À côté de quel autre auteur ? Et à quels clients vont-ils bien pouvoir le conseiller ?

Peut-être vous dites-vous « le libraire n’a qu’à le conseiller à tout le monde ! ».

Certes. Mais le libraire n’a pas envie de se tromper dans ses conseils (sinon, les clients ne reviennent plus). Aussi, à un lecteur qui demande des conseils pour un bon roman fantastique, le libraire conseillera un roman qui porte l’étiquette « roman fantastique ». Et c’est tout.

Voilà pourquoi, lorsque nous savons nous en servir, les étiquettes sont nos meilleures amies. 😉

« Mais si je ne dis pas au lecteur TOUT ce qu’il y a dans mon livre, il va passer à côté de quelque chose qui pourrait l’intéresser ! »

Utilisons une image : si vous lancez une poignée de gravier sur une cible, chaque gravillon qui atteint la cible y a un impact très faible. Alors que si vous lancez un caillou tout seul, vous allez avoir un impact très fort !

Avec les étiquettes, c’est pareil. Si vous les mettez TOUTES, vous n’impacterez personne. Si vous n’en mettez qu’une ou deux (les principales), vous toucherez tous les lecteurs de ces genres-là, parce qu’ils se sentiront concernés.

Ainsi, si vous dites à un amateur de polar : « c’est de la bit-lit, avec une histoire d’amour, des enquêtes policières et des aventures », il hoche la tête poliment, mais restera en retrait, parce qu’il y a 4 informations, dont 3 ne l’intéressent pas.

Si vous lui dites juste : « c’est de la bit-lit avec des enquêtes policières », il va vous répondre : « Ah ? Raconte ! ». Parce que là, vous avez piqué son intérêt.

2 – Deuxième erreur : mentir, parce que « ça fait bien »

Une étudiante de mes masterclass a un jour demandé conseil sur mon groupe Facebook. Elle cherchait à définir le genre de son roman. Avec son pitch, tout le monde était d’accord pour dire que c’était une romance. Sauf qu’elle avait toujours entendu dire par son entourage que la romance, c’est « un truc de bonne femme », des « livres à l’eau de rose », voire du « roman de gare ». Elle voulait donc une étiquette plus classe.

On a eu une longue conversation à ce sujet. En voici l’essentiel.

Si on vend un roman avec une mauvaise étiquette (qu’on le fasse exprès ou non) :

  • on attire le public de la mauvaise étiquette. Or, les lecteurs ne sont pas stupides. Si on leur promet un roman historique, et qu’ils se retrouvent avec une fantasy légère et humoristique, ils vont vous descendre en flammes dans les commentaires sur les sites de vente. Ils vont déconseiller le roman à tout le monde. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, votre bébé aura disparu aussi bien des étals des libraires que des classements des sites de vente.
  • on n’attire pas le public qui aurait adoré le roman. Il y a des amateurs de fantasy légère et humoristique. Bien plus qu’on le croit. Mais si on ne leur dit pas qu’il y en a dans le livre, ils ne l’achèteront pas. C’est aussi basique que ça.

Pour en revenir à la romance, qui serait un « sous-genre médiocre de la littérature », je vais rappeler un détail : savez-vous quel genre littéraire vend le plus de livres en France, depuis des années, fait vivre le plus d’auteurs, génère le plus d’engouement et le plus d’emplois ?

Indice : ça commence par R et ça finit par -omance.

N’ayez jamais honte du genre dans lequel vous écrivez et portez haut sa bannière. Les lecteurs qui apprécient ce genre répondront présents, et ils seront nombreux !

Comment détermine-t-on son genre, alors ?

  1. On enlève tous les petits à-côtés inutiles, car déjà compris dans les genres généraux (pas besoin de préciser « avec du suspense/une histoire d’amour/des aventures… »).
  2. Si votre roman est un mélange de plusieurs genres, alors il faut déterminer lequel est déterminant et lesquels sont secondaires.
Exemple

Je présente toujours Signé Sixtine comme une saga fantastique. Or Signé Sixtine est bien plus qu’une simple « saga fantastique ». Elle aborde aussi de graves sujets de société comme la gestion d’une personne âgée frappée d’Alzheimer, le bizutage des jeunes recrues en entreprise ou la vie après la mort. Elle est également pleine d’enquêtes menées par Sixtine et Melchior, d’aventures avec tous les ennuis qu’ils s’attirent, c’est bourré d’humour, et en plus, il y a une histoire d’amour.

Mais je suis certaine qu’avec l’étiquette Fantastique, je vais trouver mon public. Les amateurs de fantastique ne verront aucun inconvénient à aborder des sujets de société, ou à assister à la naissance d’une idylle.

En revanche, si je présentais Signé Sixtine comme une romance (parce qu’il y a une histoire d’amour entre Sixtine et son stagiaire), je me ferais jeter des tomates (virtuelles) par les lecteurs. Ce n’est pas ça, une romance. Donc j’exclus l’étiquette Romance. Même s’il y a une histoire d’amour.

De même, ce n’est pas ça, un roman d’enquêtes, même s’il y a des enquêtes. Ce n’est pas ça, un roman d’aventures et d’actions, même s’il y a des aventures et de l’action.

Pour revenir à votre roman : dans toutes les étiquettes qui vous restent, êtes-vous sûr qu’elles correspondent toutes à l’intrigue ?

Si votre roman ne correspond pas à 90% (au moins) à une étiquette, retirez-la !

Parfois un roman entre totalement dans les codes de 2 genres littéraires différents. Par exemple : ma saga ANIMAE répond à 100% aux codes du roman fantasy (les héros sont des métamorphes), mais aussi à 100% aux codes du polar (l’héroïne travaille aux services secrets et traque des terroristes). Je le présente donc comme un « polar fantastique », ce qui est très parlant et ne pose donc aucun problème, ni à l’éditeur, ni au libraire, ni au lecteur. 😉

Pour plus d’informations sur ce type de cas, je vous invite à lire la section « Là où ça se corse » de l’article : Les sous-genres de la fantasy et du fantastique (tout en bas).

Vous ne trouvez toujours pas ? Plan B !

Si vraiment, vous n’arrivez pas à choisir, voici une autre technique : à quel roman déjà paru et/ou célèbre pourriez-vous comparer le vôtre ?

Et ce roman, dans quelle catégorie est-il classé ? Voilà votre catégorie !

Autre question possible : sur les étagères du libraire, où, selon vous, votre roman devrait-il être exposé ? À côté de quel autre roman ?

À vous de jouer !

N’oubliez pas : le bon genre/la bonne étiquette = le bon éditeur = le bon public-cible !

Et pour poursuivre la discussion…

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